Des mamies pleines d’énergie !

 

Le réseau de grand-mères ingénieures solaires prend de l’ampleur. Une nouvelle école verra bientôt le jour, à Madagascar cette fois. L’objectif? Faire progresser l’électrification rurale de la Grande ile sans nuire à l’environnement.

 

Madagascar est une sorte d’arche de Noé. Au cœur de l’océan Indien, au large des côtes africaines, la Grande île abrite des espèces animales que ‘on ne retrouve nulle part ailleurs. Lémuriens, tortues étoilées et autres reptiles y ont élu domicile en raison de la variété de ses climats et de ses reliefs.

 

Un patrimoine en danger !

 

Seulement voilà, ce patrimoine unique est en passe de disparaître. Les forêts primaires qui couvraient 30 % de l’île en 1950 n’en couvrent plus que 12 %. Elles sont coupées ou brûlées, au rythme de 36 000 hectares par an. Un phénomène que vient aggraver la croissance démographique.

 

En effet, le niveau de pauvreté contraint les habitants à une utilisation irrationnelle des ressources naturelles. Dans les campagnes, seulement 4,7% de la population a accès à l’électricité. Pour couvrir les besoins quotidiens en énergie, la majeure partie des malagasys dépend du pétrole lampant, des bougies, des batteries, des générateurs diesel et du bois de feu, autrement dit, de sources d’énergie fossiles non durables.

 

Non seulement, ces usages impactent l’environnement, mais ils affectent aussi la santé et ne s’avèrent absolument pas rentables sur le plan économique !

 

De l’énergie oui, mais solaire !

 

Avec plus de 2800 heures d’ensoleillement par an, Madagascar bénéficie d’un énorme potentiel en matière d’énergie solaire. C’est pourquoi, le WWF a décidé de soutenir une initiative originale qui vise à mettre en œuvre un réseau de grand-mère ingénieures en énergie solaire dans les régions les plus reculées de Madagascar.

 

Chaque année, des femmes illettrées partent suivre une formation en Inde, au sein du Barefoot College. Ce sont des femmes d’un certain âge avec enfants et petits-enfants, particulièrement réceptives mais aussi attachées à leur communauté et qui n’ont, de fait, aucun désir de partir une fois le savoir acquis.

 

Elles y apprennent à fabriquer et entretenir des petits équipements à base d’énergie solaire. A l’issue de leur formation, qui dure un semestre, elles assurent l’électrification de leur village. En mars 2016, quatre femmes originaires du hameau d’Ambakivao, à l’Ouest de Madagascar, s’envolent pour l’Inde.

 

Succès du projet ! 

 

Depuis le lancement de l’initiative en 2012, 27 femmes ont été formées et, grâce à elles, près de 1750 ménages ont aujourd’hui accès à l’électricité dans des régions particulièrement isolées de la Grande ile. Au-delà du confort que procure l’éclairage moderne, les bénéfices sont nombreux pour les communautés.

 

L’accès à une source d’énergie propre a, par exemple, significativement amélioré la santé des familles. Avoir plus de lumière en soirée permet aux enfants de réviser leurs leçons, impact non-négligeable pour la scolarité des élèves. L’insécurité a également reculé…

 

Si bien que le gouvernement Malgache a décidé de développer le programme sur son propre territoire. Depuis 2015, le Ministère de l’Énergie est officiellement en charge de mettre en œuvre l’approche Barefoot College à l’échelle nationale. Son ambition : constituer un réseau de 744 femmes d’ici 2030.

 

 

 

 

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